Les troubles de la personnalité du groupe B expliqués : types, traits et aides
February 7, 2026 | By Isabella Rossi
Pourquoi tout ressemble-t-il à une question de vie ou de mort ? Une minute, je me sens au sommet du monde, et la suivante, complètement sans valeur. On dirait que tout le monde a reçu un manuel pour gérer les émotions qui ne m'a jamais été remis.
Si de telles pensées traversent fréquemment votre esprit, sachez que vous n'êtes pas seul·e et que vous n'êtes pas brisé·e. Vous vous sentez peut-être submergé·e par l'intensité de vos émotions, incompris·e par vos proches ou isolé·e dans vos difficultés. Naviguer dans la vie avec des schémas émotionnels intenses peut être épuisant, mais comprendre la cause profonde est une première étape puissante vers le soulagement.

Ce guide explore les troubles de la personnalité du groupe B – une catégorie définie par des pensées ou comportements dramatiques, excessivement émotionnels ou imprévisibles. Nous détaillerons ici les quatre types spécifiques, expliquerons les symptômes qui les relient et vous aiderons à trouver un chemin vers la clarté et la compréhension de votre profil de personnalité.
Qu'est-ce qui définit le groupe B ?
Lorsque les psychologues catégorisent les troubles de la personnalité, ils les regroupent en "clusters" basés sur des caractéristiques communes. Les troubles de la personnalité du groupe B sont spécifiquement définis par le cadre "Dramatique, Émotionnel et Erratique".
Les personnes s'identifiant à ce cluster luttent souvent avec le contrôle des impulsions et la régulation émotionnelle. Si tout le monde vit occasionnellement des sautes d'humeur ou des drames relationnels, pour ceux ayant un profil du groupe B, ces schémas sont persistants, intenses et perturbent souvent la vie quotidienne.
Le cadre dramatique, émotionnel, erratique
La caractéristique déterminante des troubles de la personnalité du groupe B est la difficulté à réguler les émotions et à maintenir des relations stables. Cela ne signifie pas que vous êtes "dramatique" intentionnellement. Cela signifie que votre paysage émotionnel interne est naturellement plus intense. Vous pourriez ressentir les émotions de manière brute et immédiate, conduisant à des comportements que d'autres perçoivent comme imprévisibles.
Le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5) regroupe ces troubles ensemble car ils impliquent tous :
- Une pensée déformée de soi-même et des autres.
- Des problèmes de réponses émotionnelles (trop intenses ou absentes).
- Des difficultés à contrôler les impulsions.
- Des problèmes interpersonnels.
Groupe B vs groupe A et C
Pour comprendre ce groupe, il est utile de voir ce qu'il n'est pas. Le DSM-5 organise les troubles de la personnalité en trois clusters distincts :
- Groupe A (Bizarre ou Excentrique) : Inclut les troubles paranoïaque, schizoïde et schizotypique. Caractérisés par une gêne sociale, de la méfiance et un détachement émotionnel plutôt qu'une intensité émotionnelle élevée.
- Groupe B (Dramatique) : Inclut les troubles antisociaux, borderline, histrionique et narcissique. C'est le seul cluster défini par la volatilité émotionnelle et les relations conflictuelles.
- Groupe C (Anxieux) : Inclut les troubles de la personnalité évitante, dépendante et obsessionnelle-compulsive. Principalement motivés par la peur et l'anxiété, conduisant au retrait ou au contrôle rigide plutôt qu'à des comportements erratiques.
Les 4 types de troubles du groupe B
Il existe 4 types de troubles de la personnalité du groupe B, chacun ayant sa propre tonalité ou motivation principale. S'ils partagent les traits "dramatiques/erratiques" fondamentaux, leur manifestation dans la vie quotidienne diffère considérablement.

Trouble de la personnalité antisociale (ASPD)
Souvent mal compris à cause des représentations médiatiques, le trouble de la personnalité antisociale se caractérise par un schéma persistant de non-respect ou de violation des droits d'autrui. Il ne s'agit pas simplement d'être "peu sociable" ou introverti.
Les traits clés incluent :
- Un manque de conformité aux normes et lois sociales.
- De la tromperie (mensonges, escroqueries).
- De l'impulsivité et une incapacité à planifier.
- Un manque de remords après avoir blessé ou maltraité autrui.
Les personnes avec ASPD peuvent difficilement ressentir de l'empathie ou de la culpabilité, compliquant le maintien de relations authentiques et réciproques.
Trouble de la personnalité borderline (BPD)
Le trouble de la personnalité borderline est peut-être le plus douloureux émotionnellement pour la personne concernée. La motivation centrale ici est une peur profonde de l'abandon et un sentiment d'identité instable.
Si vous avez des traits BPD, vous pourriez percevoir les choses de manière extrême – quelqu'un est soit un ange soit un méchant (phénomène appelé "clivage").
Les signes courants incluent :
- Des relations intenses et instables basculant de l'amour à la haine.
- Des efforts frénétiques pour éviter un abandon réel ou imaginé.
- Des sentiments chroniques de vide.
- Une impulsivité auto-dommageable (dépenses excessives, consommation de substances, conduite dangereuse).
Trouble de la personnalité histrionique (HPD)
Le trouble de la personnalité histrionique implique un schéma envahissant d'émotivité excessive et de quête d'attention. Les personnes avec HPD se sentent souvent mal à l'aise lorsqu'elles ne sont pas au centre de l'attention.
Les comportements clés incluent souvent :
- L'utilisation de l'apparence physique pour attirer l'attention.
- Des expressions émotionnelles superficielles et changeant rapidement.
- Un discours excessivement impressionniste mais manquant de détails.
- Une perception des relations comme plus intimes qu'elles ne le sont réellement.
Trouble de la personnalité narcissique (NPD)
Alors que le BPD est motivé par un besoin de connexion (peur de l'abandon), le trouble de la personnalité narcissique est motivé par un besoin de validation et de supériorité.
Les personnes avec NPD présentent typiquement :
- Un sentiment grandiose de leur importance.
- Des fantasmes de succès, pouvoir ou beauté illimités.
- Une conviction d'être "spécial·e" et compris·e uniquement par des personnes de haut statut.
- Un manque d'empathie pour les sentiments et besoins d'autrui.
Différences clés : clarifier les confusions courantes
Il est très courant de confondre les 4 types de troubles du groupe B, surtout qu'ils peuvent sembler similaires en surface. Une confusion fréquente concerne ceux qui recherchent l'attention (HPD) et ceux qui recherchent l'admiration (NPD).
NPD vs HPD : admiration vs attention
Pour vous aider à différencier ces deux types souvent confondus, considérez la motivation sous-jacente au comportement.
| Caractéristique | Trouble de la personnalité histrionique (HPD) | Trouble de la personnalité narcissique (NPD) |
|---|---|---|
| Motivation principale | Être remarqué·e et recevoir de l'attention. | Être admiré·e et reconnu·e comme supérieur·e. |
| Estime de soi | Fragile ; dépend d'un besoin constant de réassurance. | Inflée mais fragile ; dépend du statut externe. |
| Empathie | Peut faire preuve d'une empathie superficielle ou "jouer" les émotions. | Manque souvent d'empathie ; mépris des sentiments d'autrui. |
| Présentation | Chaleureux·se, animé·e, dramatique, séducteur·rice. | Froid·e, distant·e, supérieur·e, avec un sentiment de droit. |
Comorbidité : pouvez-vous avoir plusieurs troubles ?
Oui, la comorbidité est très courante dans les troubles du groupe B. Comme ces troubles partagent des facteurs de risque génétiques et environnementaux, il est possible qu'un individu réponde aux critères de plusieurs types.
Par exemple, quelqu'un pourrait avoir des traits narcissiques mélangés à des comportements antisociaux (souvent appelés "narcissisme malin"), ou des traits borderline coexistants avec des schémas histrioniques. Voilà pourquoi une évaluation professionnelle est cruciale – la personnalité humaine s'inscrit rarement parfaitement dans une seule case.
Traits et schémas comportementaux communs
Indépendamment des étiquettes spécifiques, la plupart des troubles du groupe B partagent un ensemble de symptômes fondamentaux pouvant perturber votre vie. Reconnaître ces schémas communs peut valider votre expérience, même sans diagnostic formel.
Instabilité émotionnelle et impulsivité
La caractéristique de ce cluster est la difficulté à réguler les émotions. Vous pourriez constater que de petits déclencheurs – un SMS tardif, une remarque critique, un changement de plans – provoquent une colère explosive ou un désespoir profond.
Pour gérer cette douleur, l'impulsivité devient souvent un mécanisme d'adaptation. Cela pourrait ressembler à :
- Une consommation excessive soudaine de nourriture ou de substances.
- Des dépenses impulsives excessives.
- Des comportements sexuels à risque.
- Des ruptures relationnelles ou professionnelles abruptes.
Impact sur les relations amoureuses et l'empathie
Les troubles du groupe B affectent souvent le plus lourdement les relations amoureuses. La peur intense du rejet (BPD) ou le besoin de domination (NPD) crée une dynamique de "rejet-attirance".
- Le Cycle : Les relations commencent souvent avec une passion intense ("idéalisation") mais se détériorent rapidement face à la réalité ("dévalorisation").
- Manques d'empathie : Alors que les personnes avec BPD peuvent être trop empathiques (ressentant la douleur d'autrui comme la leur), celles avec NPD ou ASPD peuvent peiner à reconnaître que leur partenaire a des besoins. Cette variance d'empathie est un différenciateur clé au sein du cluster.
Pourquoi les troubles du groupe B se développent-ils ?
L'une des questions les plus fréquentes est : "Est-ce que j'ai causé cela ?" La réponse est non. Ces troubles se développent à travers une interaction complexe de facteurs largement hors de votre contrôle.
Facteurs génétiques et biologiques
La recherche suggère une forte composante génétique dans les troubles de la personnalité. Si un membre proche de votre famille a un trouble du groupe B ou d'autres problèmes de santé mentale (bipolarité, dépression), votre risque est plus élevé.
Biologiquement, des études montrent que les personnes avec ces troubles présentent souvent des différences dans la structure cérébrale, en particulier dans les zones responsables du contrôle des impulsions (cortex préfrontal) et de la régulation des émotions (amygdale). Votre cerveau pourrait simplement être câblé pour ressentir les choses plus intensément.
Le rôle du traumatisme infantile et de l'environnement
Si la biologie charge l'arme, l'environnement appuie souvent sur la gâchette. Beaucoup de personnes avec des traits du groupe B ont connu une instabilité significative durant l'enfance.
Facteurs environnementaux à risque courants :
- Environnements invalidants : Grandir dans un milieu où vos besoins émotionnels étaient ignorés ou punis.
- Traumatisme ou abus : Les abus physiques, sexuels ou émotionnels sont des prédicteurs forts, particulièrement pour le BPD.
- Éducation chaotique : Séparation d'avec les parents, négligence ou discipline incohérente.
Diagnostic & dépistage : comment vérifier vos symptômes
Si les descriptions ci-dessus résonnent en vous, vous pourriez ressentir un mélange de peur et de soulagement. Savoir qu'il existe un nom pour votre expérience est validant, mais vous vous demandez peut-être comment le confirmer.
Diagnostic clinique vs dépistage en ligne
Il est important de comprendre la différence entre un diagnostic médical et un outil de dépistage.
- Diagnostic clinique : Ne peut être fourni que par un professionnel de santé mentale licencié (psychiatre ou psychologue) après une évaluation approfondie.
- Dépistage en ligne : C'est un outil éducatif conçu pour vous aider à identifier les facteurs de risque. C'est un point de départ pour l'auto-réflexion, pas une réponse finale.
Identifier les traits BPD (auto-vérification)
Le trouble de la personnalité borderline est l'un des types les plus courants et traitables du groupe. Comme l'instabilité émotionnelle est une caractéristique centrale de tout le cluster, vérifier les traits BPD est souvent une première étape utile pour comprendre votre profil.

Posez-vous ces questions :
- Est-ce que je me sens souvent vide·e à l'intérieur, comme si quelque chose manquait ?
- Mes relations ressemblent-elles à des montagnes russes de "je t'aime" et "je te déteste" ?
- Ai-je une peur terrifiante que les personnes que j'aime me quittent ?
- Est-ce que j'agis impulsivement quand je suis bouleversé·e ?
Si vous avez répondu "oui" à plusieurs de ces questions, vous pourriez bénéficier d'une évaluation plus structurée.
Passez à l'étape suivante Comprendre vos schémas émotionnels est la clé pour les gérer. Si vous soupçonnez avoir des traits de trouble de la personnalité borderline, vous pouvez effectuer un dépistage BPD préliminaire dès maintenant. Cet outil gratuit et scientifiquement informé vous aidera à clarifier vos symptômes et fournira une analyse personnalisée pour guider votre parcours.
Note : Cet outil est à des fins éducatives uniquement et ne constitue pas un diagnostic médical.
Options de traitement : la guérison est-elle possible ?
Un mythe tenace prétend que les troubles du groupe B sont incurables. C'est faux. Avec le bon soutien, beaucoup de personnes constatent une réduction significative des symptômes et mènent une vie stable et épanouie.

Psychothérapie : le rôle de la TCD et TCC
La psychothérapie, ou thérapie par la parole, est la référence absolue pour le traitement.
- Thérapie comportementale dialectique (TCD) : Initialement développée pour le BPD, la TCD est très efficace pour tout le spectre du groupe B. Elle enseigne des compétences fondamentales comme la pleine conscience, la tolérance à la détresse, la régulation émotionnelle et l'efficacité interpersonnelle.
- Thérapie cognitivo-comportementale (TCC) : Vous aide à identifier et changer les schémas de pensée négatifs ("je suis indigne d'amour") qui sous-tendent les comportements erratiques.
- Thérapie des schémas : Se concentre sur l'identification et la guérison de besoins émotionnels profonds non satisfaits dans l'enfance.
Médication et gestion des symptômes
Aucun médicament ne "guérit" seul les troubles de la personnalité. Cependant, les médicaments peuvent être très utiles pour gérer des symptômes spécifiques qui les accompagnent, comme :
- Les antidépresseurs pour la dépression ou l'anxiété.
- Les stabilisateurs d'humeur pour lisser les hauts et bas émotionnels.
- Les antipsychotiques pour les distorsions cognitives sévères ou l'impulsivité.
Consultez toujours un psychiatre pour discuter des risques et bénéfices des médicaments dans votre situation spécifique.
Stratégies d'adaptation pour vous et vos proches
Vivre avec – ou aimer quelqu'un avec – un trouble du groupe B nécessite une boîte à outils de stratégies d'adaptation.
Stratégies pour gérer les émotions intenses
Si vous êtes celui·lle qui lutte, essayez ces techniques d'ancrage immédiates quand une vague émotionnelle vous submerge :
- La compétence "STOP" : S'arrêter, Temporiser, Observer ce que l'ont ressent, Poursuivre avec conscience.
- Ancrage sensoriel : Tenir un glaçon ou vous éclabousser le visage d'eau froide. Cela active la "réponse d'immersion" et ralentit physiquement votre rythme cardiaque.
- Vérification des faits : Demandez-vous : "Ce sentiment est-il basé sur des faits ou sur mes peurs ?"
Établir des limites saines pour les amis et la famille
Si vous aimez une personne avec des traits du groupe B, vous pourriez vous sentir épuisé·e. Protéger votre santé mentale est vital.
- Soyez clair·e et constant·e : "Je t'aime, mais je ne continuerai pas cette conversation si tu me cries dessus."
- Ne "réglez" pas tout : Vous ne pouvez pas les sauver de leurs émotions. Validez leurs sentiments ("Je vois que tu souffres") sans prendre la responsabilité de leurs réactions.
- Cherchez votre propre soutien : Les thérapies ou groupes de soutien pour les proches sont extrêmement bénéfiques.
Passer de la confusion à la clarté
Comprendre les troubles du groupe B ne consiste pas à vous étiquetter ou étiqueter les autres – c'est donner un sens au chaos. Que vous naviguiez ces traits vous-même ou souteniez un proche, la connaissance réduit la peur et ouvre la porte à la compassion.
Si vous êtes prêt·e à explorer davantage vos schémas émotionnels, commencez votre voyage d'auto-découverte dès aujourd'hui avec nos outils de dépistage spécialisés. La guérison commence par une première étape de compréhension.
Foire aux questions
Quelle est la prévalence des troubles du groupe B ?
Les estimations varient, mais les études suggèrent que les troubles du groupe B affectent environ 1,5% à 5,5% de la population générale. Le BPD et l'ASPD sont parmi les types les plus fréquemment diagnostiqués dans les contextes cliniques.
Les troubles du groupe B s'améliorent-ils avec l'âge ?
Oui, particulièrement pour les troubles borderline et antisociaux. La recherche montre que les symptômes impulsifs et agressifs diminuent souvent lorsque les personnes atteignent la trentaine ou la quarantaine. Cependant, des difficultés relationnelles et un sentiment de vide peuvent persister sans thérapie ciblée.
Quels signes avant-coureurs indiquent la nécessité d'une évaluation professionnelle ?
Vous devriez envisager de demander de l'aide si vos émotions causent une détresse significative, si vos relations échouent répétitivement de la même manière, ou si vous adoptez des comportements d'automutilation ou à risque pour faire face aux sentiments.
Les troubles du groupe B sont-ils génétiques ?
La génétique joue un rôle significatif. Les estimations d'héritabilité pour des troubles comme le BPD et l'ASPD varient de 40% à 60%, signifiant que les gènes créent une vulnérabilité que le stress environnemental peut activer.
Comment faire la différence entre le BPD et le trouble bipolaire ?
C'est une confusion courante. Le trouble bipolaire est un trouble de l'humeur où les sautes durent des jours ou semaines (épisodes) et sont indépendantes d'événements externes. Les variations d'humeur du groupe B peuvent survenir en quelques minutes ou heures et sont généralement déclenchées par des conflits relationnels.